2024 - Cher menteur, de Jérôme Kilty, traduit par Jean Cocteau
Cher menteur retrace la correspondance entre l’écrivain George Bernard Shaw et l’actrice Mrs Patrick Campbell. À travers leurs lettres, la pièce explore une relation faite d’admiration, d’humour et de solitude, sur fond de vieillissement et de vie artistique au début du XXᵉ siècle.
Présentation
La pièce est un mélange d’admiration et même de fascination réciproque entre un homme, l'écrivain Georges Bernhard Shaw et son actrice fétiche Mrs Patrick Campbell. Elle se base sur une correspondance patiemment collectée de part et d'autre, mise en forme par l'écrivain britannique Jérôme Kilty, traduite en français par Jean Cocteau. La pièce retrace le parcours doux-amer de deux solitudes en perpétuel besoin l'une de l'autre, dont la mélancolie est voilée par un humour féroce. Cette désinvolture apparente masque quelque chose de profond: la peur de vieillir. Il s'agit d'une réflexion sur l’époque et le milieu artistique dans lequel les deux artistes naviguent à vue, entre revers et triomphes. La douleur d’une mère qui perd son fils à la guerre en 1917, la solitude d’une actrice que le métier délaisse peu à peu, la misanthropie d'un auteur un peu aigri et en apparence désinvolte. En quarante ans d’écrits, le lien que cette femme et cet homme ont tissé, se relâche, rongé par la vieillesse. C’est tout le tragique de cette vie fabuleuse sur le déclin qui fait la richesse de la pièce. À court d’argent, l'actrice avait pensé vendre cette correspondance mais, fort heureusement, dans un bel élan d’égoïsme, Shaw s’y opposa au motif que son image risquait d’en être ternie. Bien lui en a pris.
Mise en scène
Enfant j'avais vu Edwige Feuillère et Jean Marais dans la pièce. A l'époque Jean Marais occupait régulièrement les écrans télévisuels avec ses rôles en costume et ses cascades. J'avais été impressionné de voir le comédien en vrai, sans artifice, avec sa voix si particulière et une économie de mouvements que le cinéma ne lui octroyait guère. Et la musique du timbre grave de Feuillère m'avait fasciné. En retombant sur ce texte, après l'avoir oublié pendant trente ans, j'ai été séduit par ce matériel épistolaire génialement transformé en acte théâtral. Le texte évoque une période historique troublante, celle du début du XXe siècle et parle du vieillissement et de la solitude, sans pathos mais avec une légèreté apparente. J'ai eu l'envie de donner à la musique, pas seulement celle des mots mais celle des notes, une présence particulière, propre à produire des images, des sensations immédiates tout en soulignant le texte sans pléonasme. Musiques imbriquées, thèmes en mélodrame, nous avons collectivement décidé de travailler avec une compositrice qui nous avait fourni la musique d'Inconnu à cette adresse et lui avons commandé une partition importante pour clarinette, violoncelle et piano, connaissant son immense talent à souligner finement l'esprit d'un texte et à recréer à sa façon le charme troublant de la Belle Époque.
DISTRIBUTION
Federico Molina, jeu
Passionné d'art théâtral depuis l'enfance Federico le pratique déjà en milieu scolaire au collège des Bergières et au gymnase du Bugnon à Lausanne, où il décroche un premier prix en 1984. Il est admis sur concours en section professionnelle d'art dramatique au Conservatoire de Lausanne. Parfaitement bilingue français et espagnol il participe à nombre de projets dans l'une ou l'autre langue, voire les deux. Dans les années 90 il est organisateur de manifestions artistiques, notamment un important festival de théâtre lausannois. Comme comédien on a pu l'applaudir dans un répertoire varié allant des Fourberies de Scapin de Molière dans lequel il tient le rôle titre à Dieu de Woody Allen. Il a également incarné le rôle du chevalier de la Force dans Dialogues de Carmélites de Benanos-Poulenc à la Grange de Dorigny en 1995, repris à Paris la même année. Il a également joué dans Faut pas payer de Dario Fo, Brocéliande de Henry de Montherlant ou Les Marchands de gloire de Marcel Pagnol témoignant, comme l'a dit justement l'un de ses metteurs en scène, de l'étendue de son talent artistique.
Valérie Vietto, jeu
Après avoir achevé le cours libre de théâtre de Michel Gilliéron en 1994, Valérie Vietto est engagée pour jouer Sœur Blanche de l'Agonie du Christ, le premier rôle de Dialogues des Carmélites de Georges Bernanos et Francis Poulenc, donné à la Grange de Dorigny au printemps 1995 et repris à Paris durant l'automne. Suivent alors L'Atelier de Jean-Claude Grumberg, créé à Lausanne et repris à Narbonne et à Morteaux. Elle joue ensuite les deux monologues de Jean Cocteau La Voix humaine et Le Bel indifférent à Lausanne, puis au théâtre du Pommier à Neuchâtel. En 1999 elle est assistante de mise en scène pour la réalisation de Bent de Martin Sherman créé à la salle Chisaz de Crissier. Elle choisit ensuite de se consacrer à sa famille durant une quinzaine d'années avant de suivre le cours de chant de Nancy Juvet de 2016 à 2020 qui lui permet de se faire entendre dans diverses auditions publiques. Parallèlement elle accepte quelques rôles au théâtre en création, Week-end d'enfer! de Thierry Pahud en 2015, Förol, le célèbre texte de l'humoriste Karim Slama en 2016, Le Destin de Jean-Louis, désopilant vaudeville de Steve Riccard et Olivier Lambelet en 2017 ou Grand de sable, la comédie de Thierry Pahud en 2018, qui rencontre son public.
mise en scène, lumières et son
Après des études au Conservatoire de Lausanne, suivies d'une formation à Paris il crée dans les années 90 une compagnie théâtrale, Le Théâtrophil, pour laquelle il signe de nombreuses mises en scène dont Chat en poche de Georges Feydeau, L’Accusateur public de Fritz Hochwälder (repris à Paris), Jacques le Fataliste et son maître de Denis Diderot (repris à Chollet). Puis il est engagé pour Le Petit prince d’Antoine de Saint-Exupéry, L’Atelier de Jean-Claude Grumberg (tournée en France), Les Marchands de gloire de Marcel Pagnol, Brocéliande d’Henry de Montherlant, Les Bonnes de Jean Genet, La Voix humaine de Jean Cocteau, Bent de Martin Shermann, Danser à Lughnasa, de Brian Friel, etc. Il se dirige ensuite durant une dizaine d’années vers la mise en scène lyrique avec Dialogues des Carmélites de Francis Poulenc, Les Pêcheurs de perles de Georges Bizet, Le Monde bis de François Margot, trois opérettes de la Grande Guerre, etc. En 2018 il est sollicité par la Grange de Dorigny, théâtre d’accueil, pour créer une compagnie rattachée à la structure avec laquelle il monte Le Choix d’une déesse de René Morax (2018), Nuit gravement au salut d’Henri-Frédéric Blanc (2019), Inconnu à cette adresse de Kressmann Taylor (2021), puis, avec Ambre Rouge La Nuit juste avant les forêts (2022) de Bernard-Marie Koltès.
Isabelle Aboulker, création musicale
Isabelle Aboulker est née à Paris, d’une famille de musiciens : son grand père maternel Henri Février était compositeur et son oncle, Jacques Février, pianiste réputé et ami de Francis Poulenc. Elle a donc abordé le piano très jeune et a eu très tôt le goût de l’improvisation. Elle a commencé par écrire des chansons, des jingle pour la télévision, puis des mélodies pour ses élèves puis, des pièces sur des textes d’auteurs célèbres tels que Ionesco, Lafontaine ou Perrault. Elle s’impose alors définitivement par un catalogue au nombre impressionnant d’œuvres notamment pour les enfants et adolescents. De 1983 à 2003, elle assume la fonction de professeure de formation musicale au Conservatoire de Paris. Durant cette période, elle publie plusieurs ouvrages pédagogiques. En 1999, Isabelle Aboulker obtient le Prix de l’Académie des Beaux-Arts, en 2000, le Prix Musique de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques et en 2010 le Prix Maurice Yvain. Ambre Rouge lui commande en 2022 une partition originale pour Cher Menteur.
Cécile Vauclin, clarinette
Après une solide formation classique débutée à l’âge de sept ans en Normandie, Cécile Vauclin a réussi à concilier ses activités professionnelles en milieu industriel avec une pratique intense de la clarinette. Très tôt elle intègre les sociétés musicales locales et collabore avec la Camerata Aargau Sud, le Campus Orchester Luzern ou encore l’orchestre TiFiCo (ZH) et fait aujourd’hui partie de plusieurs orchestres symphoniques dans la région Lausannoise (OSUL, Orchestre de Tale Of Fantasy, OQPPL). Enfin, elle collabore de façon régulière aux spectacles proposés par Ad’Opera. Passionnée de musique de chambre, elle est membre du comité de l’Association Universitaire de Musique de Chambre (AUMC). Elle a l’occasion de jouer avec des musiciens confirmés comme le violoniste Gyula Stuller, le violoncelliste Alain Doury ou encore la pianiste Atena Carte. On peut ainsi la voir régulièrement en concert dans la région lausannoise au sein d’orchestres et dans des petites formations de musique de chambre.
Florian Colombo, violoncelle
Par sa formation, ses intérêts et ses réalisations, Florian Colombo évolue le long de la frontière commune entre musique et sciences. Violoncelliste lausannois, il découvre son instrument auprès de Pascal Desarzens, fait ses études au Conservatoire avec Suzanne Rybicki-Varga et se perfectionne auprès de Joël Marosi, violoncelle solo de l’OCL. En 2021, il obtient son doctorat à l’EPFL pour ses recherches sur l’intelligence artificielle et la composition musicale. Actif dans les orchestres suisses depuis plus de 20 ans et dans de nombreux ensembles de musique de chambre, il est le fondateur de l'Orchestre de chambre des étudiants de Lausanne (OChE) et du quatuor Ada. En septembre 2021, l'Orchestre Nexus découvre la partition créée par les algorithmes de Florian le matin du concert. Le succès international de la symphonie 10.1 de BeethovANN amènera Florian Colombo à créer sa startup ayant comme objectif de démocratiser la composition musicale (adamu.tech). Il profite de l’isolement lié à la crise sanitaire pour pratiquer intensivement la musique de chambre et depuis se produit régulièrement en concert dans différentes formations du solo au sextuor.
Antoine Schneider, piano
Né à Morges, Antoine Schneider étudie le violon et la musicologie à Genève, puis se perfectionne en théorie musicale à Zurich avec Burkhard Kinzler et Andreas Nick. Il se forme également en direction musicale, piano et violon baroque. Il compose et arrange de nombreuses pièces pour des formations diverses et collabore ainsi avec différents ensembles, comme l’Orchestre Nexus, le Chœur Laudate Deum de Lausanne, l’ensemble vocal Voix8 ou encore le Seefelder Kammerchor de Zürich. Il participe à la redécouverte d’œuvres tombées dans l’oubli et crée, entre autres, deux oratorios basés sur des cantates inédites du compositeur baroque allemand Christoph Graupner avec l’ensemble Lamed de Zurich et des membres du Bach Collegium Japan. Il mène par ailleurs des travaux de recherches historiques et collabore notamment à des publications sur l’Opéra de Lausanne ainsi que sur les fontaines de Lausanne. Antoine Schneider est actuellement professeur de théorie dans les Hautes écoles de musique à Genève, Fribourg et Bienne. Il se spécialise tout particulièrement dans la pratique du contrepoint improvisé de la renaissance et donne différents stages en collaboration avec Barnabé Janin (CNSMD de Lyon) et Jean-Yves Haymoz.

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