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2027 La Peur, de Bertolt Brecht, adaptation d'Olivier Robert

La Peur de Bertolt Brecht met en regard l’insouciance du quotidien et la montée progressive de la peur et de l’extrémisme. Alternant farce et de sketchs dramatiques, le spectacle interroge la parole, la suspicion et la responsabilité individuelle face à l’Histoire.


RÉSUMÉ

La pièce est divisée en deux temps encadrés par le même court sketch (Maladie professionnelle) dans deux atmosphères opposées.


Maladie professionnelle 1925. Un malade est étendu dans son lit. Le corps médical l'examine. On s'interroge sur les causes de son hospitalisation. Le diagnostic est sans appel, il s'agit d'une banale maladie professionnelle.


Noce. La première partie est une version légèrement raccourcie de Noce chez les petits bourgeois, une farce de jeunesse de Bertolt Brecht (1919). Elle évoque le repas de noce de petites gens dans l'Allemagne de la République de Weimar. Ils n'ont aucune conscience politique, sont d'une médiocrité touchante. Ils parlent de tout et surtout de rien, ils sont touchants et méchants sans le vouloir. Chez eux la parole est gratuite et ne porte pas à conséquence. Ils font bonne figure. Ils rient, le public aussi. Chacun est là pour faire la fête. Mais quelle fête? Le père Albert tente de raconter des histoires horribles qui n'intéressent personne, Théo fait des tours de magie. Franz pousse la chansonnette, Karl, le marié, a tenu a fabriquer ses meubles lui-même avant la noce. Mais cela a pris du temps et sa fiancée Suzy, ne peut désormais plus cacher sa grossesse avancée. La soirée est piteuse, Suzy a raté tous ses plats. Et les meubles de Karl se brisent l'un après l'autre sous le poids des invités. Lorsque le jeune couple se retrouve seul, l'appartement est une ruine, métaphore d'un monde qui s'écroule. Pour les jeunes mariés le départ des invités est un soulagement. Ils vont enfin goûter pleinement à leur nuit de noce. Mais le lit s'effondre à son tour tandis que de la radio, leur cadeau de noce, éructe un discours du Führer, de plus en plus fort, de plus en plus insupportable.

Dans la seconde partie l'humour se glace dans la peur de la délation. Klaus-Heinrich, l'enfant du couple a 10 ans. Ses parents l'ont inscrit aux les jeunesses hitlériennes. Les mêmes protagonistes se retrouvent entraînés malgré eux, par la montée de l'extrémisme, sans y être préparés. Le rire est devenu jaune. Désormais la parole n'est plus gratuite. Il faut faire attention à tout et à tous, la dénonciation menace, on se méfie de chacun, de son fils, de son voisin. Trois sketchs de Grand Peur et Misère du Troisième Reich (1935) constituent cette seconde partie. Ils résonnent, aujourd'hui encore, d'une terrible actualité.


L'indic. Un groupe de personnes attend on ne sait quoi sous la pluie, toutes blotties sous un énorme parapluie. On entend des avions au loin. Les gens ont peur de l'inconnum, de l'imprévisible. On cause de choses et d'autres, mais la parole n'est plus innocente. Klaus-Heinrich, le petit garçon de Karl et Suzy disparaît soudain. On s'inquiète, on le recherche, on s'affole, on suppose le pire. Et si on avait dit quelque chose qui puisse être mal interprété. Et si Klaus-Heinrich était allé dénoncer ses parents?


Le militant. Une queue à la porte d'une boucherie vide. Le fils du boucher a été arrêté pour marché noir. Il avait refusé d'exposer des jambons en carton. Quant au père il s'est pendu dans sa vitrine vide. Il avait voté pour Hitler.


La craie. Par jeu le S.A. Théo pousse un de ses invités à parler contre le régime pour lui montrer comment il fait pour arrêter les suspects sans se faire remarquer. Est-ce un jeu? Chacun se méfie. Mais Théo est malin. Il se souvient des tours de magie qu'il faisait à l'époque du mariage de Karl. Resté seul avec sa femme Minna, Théo se prépare à partir pour un exercice de nuit. Mais quelque chose semble s'être cassé. La jeune femme est bouleversée par le jeu de dupes auquel elle a assisté. Le couple survivra-t-il?


Maladie professionnelle 1935. Un homme assis sur une chaise, les mains liées dans le dos. Il a peut-être été torturé. On l'examine sans ménagement, on s'interroge sur ce qu'on va dire. Origine officielle de la maladie: chute dans les escaliers: on dira que c'est une maladie professionnelle.

 

NOTE D'INTENTION

La pièce fait écho à notre époque, comme elle le faisait quand elle a été écrite dans les années 1920-1930. Un siècle plus tard, rien n'a changé et dans une situation d'insécurité politique les peuples sont démunis. La pièce oppose une époque d'insouciance à la montée des extrémismes avec ses risques de dérives, ses classes populaires déboussolées, la suspicion de l'autre, la dénonciation du voisin. En période d'instabilité la parole doit être contrôlée, les mots ne sont plus innocents. Il nous semblait qu'il était temps de mettre sur scène ce projet, en germe depuis une vingtaine d'années. Le fond est grave mais sa forme fait alterner farce et sketchs. Alors la pièce est drôle et accessible à chacun. C'est un spectacle familial. Les enfants y verront des histoires, les parents des métaphores.

La Peur est un spectacle inédit d'environ 1h40. La mise en scène se veut lisible avec une scénographie claire et précise. La première partie, la farce, est travaillé dans le mouvement. Cela virevolte: tours de magie, danses de salon, chansons; c'est la fête. La seconde partie – les sketchs – est plus épurée, avec une mise en scène esthétisante et symbolique. La brièveté des textes la rend limpide. Le sentiment de peur évoqué; il est présent et insidieux. C'est l'évocation d'une Histoire avec un grand H, qui repasse les plats, pour notre plus grand malheur de citoyens et notre plus grand bonheur de spectateurs.


Scénographie

La tonalité visuelle de la pièce est noir-blanc pour le repas de noce et sépia comme une vieille photo pour la seconde partie. Tous les personnages sont vêtus de déclinaisons de brun, beige, noir et blanc. L'évocation de la S.A. se fait uniquement au moyen de brassards rouges avec un cercle noir et une croix blanche (non gammée). Le côté dramatique pourra être souligné par des éclairages très crus dans certains sketchs de la seconde partie.


Musique

La musique joue un rôle important dans la dramaturgie. Elle intervient comme ponctuation en début et fin de pièce, entre les parties et les sketchs. Il s'agit presqu'essentiellement de tangos de l'accordéoniste argentin Juan José Mosalini (style Astor Piazola).



DISTRIBUTION


Olivier Robert — adaptation et mise en scène

Après des études au Conservatoire de Lausanne (classe de Daniel Spiegelberg), suivies d’une formation à Paris, Olivier signe quelques dizaines de mises en scène tant de théâtre que d'opéra ou d'opérettes. En 2018 il est sollicité par la Grange de Dorigny pour créer une compagnie avec laquelle il monte Le Choix d’une Déesse de René Morax (2018), Nuit gravement au salut d'Henri-Frédéric Blanc (2019) et Inconnu à cette Adresse de Kressmann Taylor (2021). Il crée ensuite la compagnie Ambre Rougeen 2022 et y met en scène La Nuit juste avant les Forêts (2022) de Koltès et Cher Menteur (2024), dans sa traduction de Jean Cocteau, puis Portrait de famille de Denise Bonal (2025) et Dans la Solitude des champs de coton de Koltès (2026)



Lydie Souhait — Suzy

Lydie Souhait (canton de Fribourg) est une comédienne qui mêle jeu et voix avec une intensité organique. Formée pendant quatre ans par Jean Winiger (méthode Actor Studio) et au Conservatoire de Fribourg en chant, elle écrit, joue et chante un seul-en-scène avant de terminer le parcours professionnel d’Acting Line Studios à Lausanne en 2024. Curieuse et exigeante, elle nourrit son travail par des stages, notamment au Cours Florent (Paris) et au Théâtre Le Poche (Genève) avec Geneviève Pasquier. Sur scène, elle compte quatre productions professionnelles, dont trois en rôle principal ou second rôle, notamment Molière amoureux (mise en scène: Jean Winiger) et La dernière confession de Jean-Jacques Rousseau (mise en scène: Laurianne Cherpillod). À l’écran, elle incarne la sorcière Catillon dans le long métrage éponyme de Nivelant Film.

 

François Burnand — Albert

François Burnand a choisi, dès sa retraite, de consacrer le plus clair de son temps à l'expression orale et à la scène. Choriste tour à tour à Mühlheim an der Ruhr en Allemagne, dans l'ensemble Bach de Paris sous la direction de Justus von Websky, dans le chœur du CERN à Genève et à l'Ensemble vocal et instrumental de Rolle, il a chanté un grand nombre d’œuvres du répertoire classique. Habitué des studios en tant que lecteur de livres enregistrés et membre de la troupe de théâtre Polyphonie au profit de la Bibliothèque Sonore Romande, il est également prédicateur laïc au sein de L'Église Évangélique Réformée Vaudoise. Après un passage par le cours Florent à Paris, François Burnand a été élève du cursus professionnel de l’école de théâtre et de cinéma Acting Line Studio à Lausanne. Il continue à se former auprès d’Antonin Noël, diplômé de La Manufacture – Haute École des Arts de la Scène.

 


Jérôme Viguet — Karl

Jérôme Viguet débute le théâtre à Lyon. Il revient en Suisse et découvre l’improvisation en intégrant impro suisse, ou il joue encore aujourd’hui dans de nombreux concepts, matchs au sein de l’AVLI et de sa troupe L'Échappée belle. En parallèle, il joue dans diverses pièces ai sein de troupes romandes. il continue à se perfectionner dans le jeu en suivant les formations de Michel Sauser dans les ateliers du 2.21, ou il joue plusieurs pièces et monologues. En 2019, il participe à la pièce Tropis or not Tropis mise en scène par Dylan Ferreux. Durant l’année 2020, il écrit une pièce jouée par deux comédiennes dans le cadre Lausannois sur le thème de la vengeance. Il crée la compagnie One Shot active dans l’événementiel et travaille pour des structures telle que le CHUV ou Visarte Vaud, ou il collabore avec plusieurs autres comédiens sur des concepts et des jeux théâtraux. Il continue aujourd’hui ses explorations à travers des formations variées, proposées entre-autre par Laurent Baier, Adrien Knecht, Alain Borek, Marion Chabloz, ou encore Odile Cantero. Il est aussi actif dans la formation du jeu théâtral et de l’improvisation pour diverses troupes en romandie. Curieux, il s’intéresse autant au jeu clownesque, qu’au théâtre d’objets. En 2020, il intègre l’équipe du podcast «ça résonne» pour qui il écrit régulièrement des «chroniques humour».


Fabrice Amalric — Franz

Fabrice est franco-suisse. Il rencontre les arts de la scène en 2002 lors d’un premier projet où il interprète Tamino dans La flûte enchantée. Il poursuit avec un autre rôle soliste dans Boule de neige d’Offenbach présenté en 2006 en Lavaux. Jusqu’en 2011, il prend des cours du soir à l’École de théâtre Les Teintureries (Lausanne), et participe de 2012 à 2015 à des projets estivaux dont celui du Centre Dramatique National Les Tréteaux de France, avec notamment Vers les cieux d’Ödön Von Horvath.  En 2011, il crée la compagnie Les joueurs et montera avec Marina Alexandrovskaya, professeure aux Teintureries, Les joueurs de Gogol, Un ennemi du peuple d’Ibsen et L’intruse de Maurice Maeterlinck. En 2017, lors d’un stage sur l’animal-totem et sa représentation humaine, animé dans le cadre du Festival des Nuits de Joux, il monte un seul-en-scène semi-improvisé sur les similitudes sociales entre l’humain et le loup, Reloup. Il collabore alors avec ce Festival et joue en 2018 au Château de Joux dans Antoine et Cléopâtre, mis en scène par Louise Levêque.  En 2020, après avoir effectué un CAS en dramaturgie et performance du texte à Lausanne, il rencontre la Compagnie de théâtre de rue Alsand, qui le mandate pour mettre en scène en pleine période Covid un spectacle visible depuis les balcons!, Syncro-cité, l’histoire loufoque d’une équipe de natation synchronisée de rue. En 2023, il décide d’affermir ses compétences d’acteur notamment du côté du cinéma en intégrant l’école de théâtre et de cinéma Acting Line Studio dont il sort diplômé en 2025.  En 2026, il réalise sa première expérience professionnelle de tournage pour l’émission Temps présent avec la RTS.


Laurent Michel — Théo

Laurent enseigne la physique, l'informatique et donne un cours facultatif d'improvisation théâtrale dans un gymnase à Lausanne. Dans ce cadre il est en représentation presque quotidiennement devant un public captif dont le défi est de le captiver. Sa pratique du théâtre est amateur: c'est-à-dire non-professionnel, mais aussi dans le sens étymologique de celui qui aime… Il a participé avec le Théâtrophil, à des spectacles mis en scène par Olivier Robert dont L’Accusateur public de Fritz Hochwälder et Jacques le Fataliste et son maître de Denis Diderot. Dans d'autres mise en scène ou avec d'autres troupes comme Top Dogs de Urs Widmer, Dieu de Woody Allen, Par les liens du braquageLes Écolos anonymesEt Si


Lara Rocha — Minna

Lara, basée à Lausanne, évolue entre le théâtre, le cinéma et les arts du mouvement. Formée pendant trois ans à l’Acting Line Studio, elle enrichit son parcours par une année de formation à Paris auprès de Jérôme Mela (AJM), ainsi que par des cours privés avec Jean Winiger et de nombreux ateliers, masterclass et workshops, nourrissant une approche du jeu à la fois technique et profondément instinctive. Son expérience scénique comprend quatre spectacles de théâtre, une dizaine de courts métrages ainsi que plusieurs shootings photo professionnels. Membre de l’agence Enjoy Models, elle développe un univers artistique marqué par une sensibilité dramatique, une intensité émotionnelle et une recherche constante de réalisme. Également formée en danse, en chant et en kathakali, Lara explore le corps et la voix comme des prolongements essentiels du jeu d’acteur. Son travail s’inscrit dans une démarche personnelle: enrichir continuellement ses expériences humaines afin d’apporter authenticité, profondeur et vérité aux rôles qu’elle interprète.


Amanda Verandi — Anna 

Avant de terminer sa formation à l’école de théâtre Serge Martin (Intervenant.e.s : Serge Martin, Lefki Papachrysostomou, Chantal Bianchi…), Amanda a suivi pendant deux ans des cours en classe préprofessionnelle d’art dramatique au Conservatoire de Musique de Genève où elle a travaillé avec Julien George, Mariama Sylla, Anne-Shlomit Deonna, Ludovic Chazaud… Elle est une artiste polyvalente qui se nourrit, pour créer, de son expérience musicale (flûte traversière, orchestre et chant), son goût pour l’écriture, la danse, le théâtre et le cinéma. Son envie de porter des projets s’est manifestée tôt avec la réalisation de quatre clips pour ses compositions originales ou des reprises de chansons et la création de sa propre pièce Bibi et Biba en 2024 à l’Almacén, qu'elle a mise en scène et interprétée.  Durant son parcours, elle a eu l’occasion d’obtenir le premier rôle dans une dizaine de courts et moyens-métrages et le prix de la meilleure actrice au 48hfp pour le film Le passage en 2021. Au théâtre, elle joue et participe à la création de diverses pièces surtout dans la région genevoise comme: Cantus  mise en scène par Gian Manuel Rau au Théâtre St-Gervais en 2024, Plus jamais demain à la Parfumerie en 2023 et Est-ce toi? à la Comédie de Genève en 2022.

    

   

Pascale Viannet — Frieda    

Arrivée à l'âge de la retraite, Pascale a décidé de consacrer le meilleur de son temps à ses passions. Depuis des années elle pratiquait le théâtre en amateur. Elle a suivi plus de cinq ans de cours de théâtre avec Jean Winiger à Fribourg où elle a eu l'occasion de jouer plusieurs spectacles. Elle a également eu l’opportunité de participer au spectacle La Fête du blé et du pain à Echallens, durant l'été 2018. Elle est également investie dans le milieu reggae soundsystem qui combine son amour de la musique avec celui du multiculturel.

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